Retour aux 90 km/h : le gouvernement tente de faire obstruction à l’application de la loi

Publié le 23 janvier 2020

Le ministère de l’Intérieur vient d’adresser aux préfets une circulaire qui pourrait conduire les commissions départementales de sécurité routière à opposer dans la plupart des cas un avis défavorable au retour aux 90 km/h : Vincent Descoeur, député du Cantal, dénonce une tentative de faire entrave à l’application de la loi.

“C’est clairement une circulaire qui, en demandant aux préfets de suivre les préconisations du comité d’experts de la Commission nationale de sécurité routière (CNSR), vise à dissuader les élus de revenir sur la règle des 80 km/h que le gouvernement tente décidément d’imposer à tout prix”, s’insurge le député du Cantal, en rappelant que la loi d’orientation des mobilités votée fin 2019 permet aux maires et présidents de conseils départementaux de rehausser la vitesse maximale autorisée à 90 km/h sur le réseau routier secondaire.

“Devant les parlementaires, la ministre Elisabeth Borne avait pourtant assuré que le gouvernement n’était pas tenu par ces préconisations. Or, je constate que cette circulaire stipule expressément que l’Etat les fait siennes et demande aux préfets et à ses représentants dans les commissions départementales de sécurité routière de rendre leurs avis sur ces bases”, remarque Vincent Descoeur, en rappelant qu’il avait en son temps dénoncé des préconisations qui traduisent “une totale méconnaissance des réalités du réseau routier secondaire”.

“En effet, si on appliquait strictement les préconisations surréalistes des experts du CNSR, pas un seul kilomètre de voie ne pourrait repasser à 90 km/h, surtout en milieu rural”, relève-t-il puisque, par exemple, les tronçons concernés devraient faire au moins 10 kilomètres, sans carrefour, sans riverains, sans arrêts de transports en commun et sans engins agricoles ! Il serait de plus interdit de doubler sur ces tronçons, “ce qui est ahurissant et enlève tout intérêt à la mesure”.

“Il y a donc clairement une volonté de faire obstacle à l’application de la loi”, commente Vincent Descoeur, qui dénonce un mépris des parlementaires et cette tentative de dissuader les élus locaux. “Même s’il appartient aux seuls élus de décider ou non d’adapter la vitesse, quel que soit l’avis des commissions départementales, il y a tout lieu de craindre que des départements n’oseront pas franchir le pas, ce qui entraînera une grande confusion pour les automobilistes qui se trouveront placés dans une situation d’incompréhension et d’insécurité vis-à-vis des vitesses maximales autorisées, d’autant plus que les routes nationales resteront à 80 km/h”, commente le député.