Après avoir saisi en fin de semaine dernière le ministre de l’Agriculture pour solliciter une médiation des pouvoirs publics dans le conflit qui oppose les producteurs de lait du Cantal et leurs entreprises, le député Vincent Descoeur est intervenu le mercredi 10 juin 2009 à l’Assemblée nationale, dans le cadre des questions au gouvernement, pour alerter la représentation nationale sur la gravité de cette crise laitière "qui frappe avec une violence particulière les territoires de moyenne montagne".
Le député du Cantal a souligné l’insuffisance du prix négocié dans le cadre de l’accord interprofessionnel du 3 juin 2009 "compte tenu du niveau élevé des coûts de production dans les zones de montagne". Associant à son propos son collègue Jean-Yves Bony, il s’est fait le témoin "du désespoir des producteurs laitiers et de leur incompréhension légitime devant l’évolution du prix des produits laitiers vendus aux consommateurs, sans commune mesure avec l’effondrement des prix du lait qu’ils subissent". Si le prix du lait a chuté de 30 % en avril 2009 par rapport à avril 2008 à la production, le prix de vente du lait de consommation et des fromages est en effet resté quasiment stable (-0,8 %) sur la même période.
Cette crise, poursuivait-il, démontre la nécessité de maintenir des outils de régulation et de gestion du marché au niveau européen. Elle pose également la question de la juste répartition des marges au sein de la filière. "Nous devons exiger la transparence et demander une adaptation des règles commerciales si une évaluation en démontre la nécessité", estimait-il en plaidant enfin pour "une valorisation différenciée du prix du lait dans les zones de montagne".
Dans sa réponse, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la pêche, a justifié la nécessité d’un accord interprofessionnel et rappelé la décision du gouvernement de débloquer 30 millions d’euros pour accompagner les entreprises et exploitations les plus fragiles, en annonçant qu’un traitement spécial sera réservé aux jeunes. Il a ajouté que les producteurs de lait des zones de montagne pourront bénéficier de mesures de réorientation des aides de la Politique agricole commune.
Michel Barnier a d’autre part réaffirmé la volonté du gouvernement de "relancer très activement les travaux de l’observatoire des prix et des marges" et affiché sa détermination à défendre au sein de l’Union européenne "les outils de régulation et de maîtrise des marchés, en particulier pour le lait".
La vidéo de la séance des questions au gouvernement à l'adresse

L'intervention de Vincent Descoeur et la réponse de Michel Barnier.